12 janvier 2006

La Grippe, ma vieille...

C’est vraiment génial, à Istanbul ces jours-ci on trouve du poulet à trois YTL (quelque part entre deux dollars américains et deux euros) le kilo. Le tiers du prix habituel, à peu près le même prix que les tomates, vous vous doutez pourquoi...

Les nouvelles font le point, à tous les jours, de nouvelles observations d’oiseaux touchés par la grippe aviaire. Jusqu’à avant-hier, la moitié sud-ouest du pays était à peu près épargnée. Aujourd’hui, plus besoin de placer les observations sur une carte, il est plus rapide de dire qu’il y en a partout. Je ne sais pas si je les remarque plus parce que la fermeture de ma bibliothèque pour la Fête du Sacrifice (Kurban Bayrami) me force à demeurer à la maison ces jours-ci, mais je commence à trouver qu’il vole pas mal trop de pigeons et de mouettes autour de chez moi...

D’autant que j’ai un tout petit début de grippe. Avis aux amateurs d’humour noir, pas plus fou qu’un autre, j’ai mangé du poulet la fin de semaine dernière (lanières de poulet et oignon dans le beurre, poireaux avec courgettes et noix de grenobles dans l’huile d’olive, mélangez le tout dans un peu de bouillon de poulet, épices, pas mal du tout)... juste avant que les symptômes n’apparaissent;-)

Est-ce que j’ai peur? Peut-être pas de peur, plutôt une vague inquiétude. Mais je suis en bonne santé et j’ai depuis longtemps pris l’habitude salvatrice de ne pas manipuler de carcasses de poulets morts de maladie et couverts d’excréments sans me laver les mains, ce qui me place hors de la liste des cibles prioritaires de la grippe aviaire. En d’autres termes si je meurs, y’en a des millions qui mourront avec moi.

Curieusement, c’est une pensée qui me rassure. En partie parce que, psychologiquement, ça rend l’éventualité moins présente : Des gens meurent tous les jours d’accidents et de maladies, mais les catastrophes à grande échelle sont beaucoup plus rares... et tout le monde sait que ces choses-là n’arrivent qu’aux autres;-) D’autre part, je trouve aussi un certain réconfort dans le fait que ça me soulage d’une certaine responsabilité : je peux faire bien des choses pour éviter de me faire frapper par une voiture ou d’attraper le SIDA, mais si je fais partie des quelques millions de personnes qui meurent de la grippe aviaire, je ne suis qu’une victime innocente.

Ouaip, la grippe, ma vieille, c’est vraiment la joie. Il ne manque plus que les mouettes se mettent à gueuler « nevermore »...;-)


Aucun commentaire: