25 mars 2006

L'ambassadeur ne se fera pas le porte-parole de banalités (Lpc #3)

Ce blogue est en guerre ouverte contre le Front International pour la Redondance, qui sévit sous l'insouciante férule de la tante Armande et du petit cousin Eric. Mon combat quotidient consiste à soumettre chacune de mes livraisons au fameux test de la question à neuf cent soixante-trois dollars et quatre-vingt quinze: "Répète-je? Redonde-je? Me fais-je porte-parole de tataouinages répétitifs?" Si oui, la petite corbeille dans le coin de mon écran sait que ce sera bientôt l'heure de manger.

Plus concrètement, mon but est d'éviter toute ressemblance avec la tante Armande et le petit cousin Eric. Mais que diable tante Armande et petit cousin Eric sont-ils allés faire qui embête tellement l'ambassadeur?


La tante Armande (toute bouffie de pâte d'amandes) est fière de nous apprendre, via son blogue, que les manifestants contre les caricatures du Prophètes sont méchants-méchants, parce que les caricatures du Prophète, c'est de la liberté d'expression, bon! Le problème avec la tante Armande réside dans le fait que sa contribution originale à cet important débat se limite au "bon" à la fin de son texte. Et peut-être aussi au point d'exclamation, mais c'est moins sûr.

Bien entendu, le blogue de ta tante Armande fait partie d'un immense mouvement par lequel s'exprime une toute nouvelle forme de parole citoyenne (je vous l'avais dit que j'étais capable de banalités moi aussi). Mais lire ses écrits, c'est comme obtenir une leçon de sciences politiques dans un salon de coiffure. Sans la coiffure.

Si je m'intéressais déjà à Armande pour d'autres raisons (tous les goûts sont dans la nature, et du reste ce n'est pas ce que vous pensez, c'est une femme très TRÈS bien), nul doute que je serais fort heureux d'apprendre ce qu'elle pense de l'image internationale du Danemark. Mais votre dévoué ambassadeur n'en demande pas tant à ses lecteurs; dans un rare sursaut d'humilité, il réalise que sa personalité n'a rien d'intéressant, que son vieux corps n'a rien d'attirant (c'est pas vrai d'ailleurs), que son compte en banque ne lui assure pas une position sociale enviable, bref, qu'il n'a pas d'amis et que s'il veut qu'on l'écoute il devra bien mériter votre attention en essayant tant bien que mal de vous offrir des idées nouvelles. Voyez-vous à quel point je ne vous tiens pas pour acquis? C'est ça, la prochaine fois je vous achèterai des fleurs.

Et le cousin Éric, le p'tit génie de l'informatique? Le petit cousin Éric s'est levé un matin en se demandant, dis-donc, que pourrais-je donc faire pour contribuer au bien-être de l'humanité, à l'avancement des sciences, à la société civile et à l'hygiène de vie? D'accord, la formulation était peut-être un peu différente, mais l'idée y était. Anyways, le petit cousin Éric réfléchit quelques secondes puis un sourire apparut sur ses lèvres rendues bleutées par une exposition excessive au néon cru de son sous-sol; "ma compétence, se dit-il, réside dans mon accès privilégié aux sources ultimes de la connaissance". Il travailla donc des jours et des semaines, le p'tit cousin Éric, et accomplit son grand oeuvre.

Plusieurs mois ont passé et des milliers de gens visitent son blogue à chaque jour. On y parle d'un tas de choses intéressantes, comme par exemple un opéra basé sur Super Mario, un chien-robot disponible en bleu ou en rose (mais seulement en version "Happy"), une version de l'intro des Simpsons "en vrai monde" et le blogue de MC Hammer.

Soyons honnêtes: Tout ce qu'il nous transmet serait accessible en visitant la même demi-douzaine de sites du même genre qu'il pille sur une base quotidienne. L'existence du cousin Éric, en bref, se résume à un hyper-rien.

Vous trouvez que je suis dur avec le p'tit cousin Éric? Que je commence à faire cruel et sanguinaire, tout d'un coup? Mais rappelez-vous la fameuse question, "Qu'est-ce que je peux apporter au monde?" Ce n'est pas moi qui l'a forcé, le p'tit cousin Éric, c'est lui qui a choisi sa propre réponse.

Exactement: néant.



Prochain épisode: L'ambassadeur, en long plus qu'en large.




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