20 mars 2006

L'ambassadeur ne vous dira pas son nom (Lpc #2)

Parce que ça m'excite un p'tit peu de rester anonyme. Non, plus sérieusement, que je m'appelle Augustule Tremblay ou Jean-Eudes Riboflavine, ça va vraiment changer votre vie? La mienne, oui. Il a été démontré que bloguer peut faire bobo à une carrière universitaire, et j'en veux une, moi, de carrière universitaire. Du reste, je suis aussi dépendant de certains gouvernements pour des permis de recherche et d'un tas d'autres personnes dont vous avez la chance de ne jamais avoir entendu parler pour un tas d'autres raisons dont vous ne soupçonnez pas le ridicule; tout ce beau monde serait vraiment, mais alors là vraiment déçu de voir mon nom associé à une utilisation pernicieuse de la liberté d'expression. Le problème est évidemment que j'aime ça, moi, être pernicieux.

Quand on cherche mon nom sur Google, on obtient entre autres la liste des étudiants de mon département, quelques organisations académiques dont je fais partie, des données généalogiques à propos d'un homonyme qui a vécu il y a deux siècles (vous aussi?), un texte que j'ai fait paraître dans un journal montréalais et qui ma valu d'être traité de tous les nom par plus con que moi et un commentaire d'un enthousiasme tout ce qu'il y a de plus juvénile à propos d'un film de Disney (sous la plume d'un autre homonyme, celui-ci beaucoup plus contemporain mais visiblement semi-analphabète). Combinez-donc un amour irréprésible des dessins animés et une insulte faite en bloc à tous mes collègues, et vous comprendrez que préfère qu'on n'arrive pas ici trop rapidement quand on me soumet au traitement Google. Du reste, ceux qui me connaissent déjà n'auront aucune difficulté à m'identifier et comprendront rapidement (je n'ai que des amis intelligents, on m'a dit que ça parait sur mon visage) ma politique d'effacer immédiatement et sans merci n'importe quel commentaire qui contenant mon nom écrit en toutes lettres.

Cela étant dit, ça arrive parfois par ici qu'on essaie de trouver un nom turc pour les étrangers qui sont dans le coin. J'ai eu droit à Mustafa à quelques reprises, Ahmet beaucoup plus souvent, mais le mieux qu'on ait trouvé est Niyazi. Je suis cent fois plus chanceux qu'une amie dont le nom est Rachel (à ne pas confondre avec une autre Rachel, celle qu'est cruelle) et qu'on a rebaptisé "Reçel" (Rètchelle), ce qui veut dire confiture (elle a commencé à la trouver moins drôle au bout de cinq minutes, et ça dure maintenant depuis plusieurs années). Je suis aussi mille fois plus chanceux qu'un autre ami qui se prénomme Richard, et qu'on appelle parfois "Recep" (Rèdjèp). Recep est en turc un nom tout ce qu'il y a de plus légitime, mais c'est à peu près comme Onésime ou Télésphore, ça fait pas exactement jeune, urbain et branché. C'est aussi le prénom du premier ministre turc (je vous avais dit que je ne veux pas me mettre dans le trouble), un peu comme si le premier ministre du Canada s'appelait, bah, je sais pas, moi, quelque chose comme Stéphane.

Ah, ben tiens...



Prochain épisode: L'ambassadeur crache dans la soupe aux banalités.



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