29 mai 2006

Altermondialiste

Mon cher petit Pedro,

Tu es d'un autre pays que le mien, d'un autre continent, d'une autre planète. D'un autre monde, tiens. Ça tombe bien, je suis altermondialiste.


Oui, tu habites un autre monde et un autre monde t'habite. C'est ton essence, c'est ce qui te rend pareil à tes frères du Swaziland. Tut tut tut, ne me dis pas que tu ne connais rien du Swaziland, ils sont pauvres eux aussi, ils n'ont pas de démocratie, l'essentiel vous l'avez en commun.

Ne crois pas que ce jugement soit méprisant, rien n'est de ta faute. Mes ancêtres ont fait la révolution, se sont battus pour la démocratie. Les tiens étaient soumis au Forces du Mal, aux pulsions prédatrices du gouvernement américain, aux multinationales rapaces, au Fonds Monétaire International. Tes ancêtres n'ont joué aucun rôle dans l'histoire du monde, il est normal que tu te retrouves perdant. Il est aussi normal que déplorable que ta situation empire année après année.

Pour t'en sortir, il faut que tu écoutes mes enseignements, je sais ce qui est bon pour toi. Mais toi aussi tu peux m'enseigner des choses, ta musique traditionnelle par exemple. Quand je te vois jouer de la flute de pan dans ton petit poncho élimé, t'es tellement cute, oh! ça se dit pas. Tu es, tu resteras toujours comme un fils pour moi, même si tu as cinquante ans et moi dix-sept.

Ne crois pas que ce jugement soit méprisant, comme je le disais. Je sais que tu as des opinions politiques, c'est ta liberté et je l'encourage. Bien sûr que tu as aussi le droit d'être pétri d'idées conservatrices, d'être enfermé dans ta vision du monde patriarcale. Avec un peu de travail, on réussira à te faire prendre conscience de ce qui est bon pour toi.

Tu vois, ce dont nous avons tous besoin, c'est de la bonne volonté. C'est ainsi qu'on change le monde, l'histoire le prouve abondamment: [ajouter des exemples!]. Ta situation s'améliore année après année grâce à des gens comme moi. Un jour, toi et tes frères du Sud aurez votre revanche sur nous, une revanche bien méritée. Un jour, nous du Nord paierons le prix de tous ce que nous t'avons fait subir. J'en suis tellement excité que mes doigts tremblent sur le clavier.


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22 mai 2006

Quitter Kadikoy

Demain je quitte Kadikoy, le quartier le plus agréable de toute la Turquie, le centre névralgique de la vente de livres usagés, de cafés cools, de bars qui réussissent à n'être ni crados ni ridiculement chers. Je prends l'avion et je vais m'installer, pour l'été, dans la seule ville qui peut rivaliser: Montréal. Je m'en vais rejoindre la famille, des amis, un p'tit joint et une grosse poutine avec du bacon. Vachement intellectuel, comme vous voyez.


Il n'y a pas beaucoup d'étrangers qui visitent le quartier ou qui y habitent. Kadikoy est sur la rive asiatique et, pour la majorité, ça en fait l'équivalent d'une région éloignée. Ignares! Faut avouer, être un étranger à Istanbul veut le plus souvent dire être soit touriste, soit snob. La plupart des Nord-Américains et Européens habitent des quartiers qui leurs sont désignés, qui leur offrent tous les ingrédients pour se faire la bonne bouffe de par cheu zeux et les dispense du besoin d'articuler ne serait-ce qu'un seul mot de la langue locale, des quartiers où il n'est pas rare que tous les voisins admettent volontiers qu'ils n'aiment pas les Turcs. Ceux qui sont à Kadikoy sont assez nombreux pour ne pas être des curiosités, ce qui fait du quartier un des rares endroits du pays -peut-être le seul- où les marchands sont habitués à entendre leur langue enrobée d'un accent anglais. Ou français. Parfois même polonais, mais c'est seulement quand ma collègue Carolina vient donner ses cours.

Tenez, au moment d'écrire ces lignes, y'a un groupe de jeunes drogués habillés à la hippie qui se tient de l'autre côté de la rue et qui fait jouer du Manu Chao; un peu plus et ils allaient jouer du tam-tam dans un parc sur le bord de la montagne (on en a quelques-unes, mais aucune qui accote le Mont-Royal). Vous voyez bien pourquoi je me sens un peu chez moi, ici.

Oh, mais une minute, c'est le monde musulman ici, non? Les barbus à grandes dents qui se cachent derrière les mosquées, l'appel à la prière qui vous a fait si peur au début de L'Exorciste, votre tante qui a annulé son voyage en Turquie, parce que, eh, franchement, c'est quand même un peu dangereux ce monde là...

Il y a quelques mois, au moment du brouhaha autour des caricatures danoises, j'ai entendu un extrait d'entrevue avec un pauvre hère pakistanais ou afghan ou je sais pas trop quoi (c'est fou, aujourd'hui, il y a des pauvres hères un peu partout). Le type en question, enragé, affirmait que Danemark était la pire ville américaine, celle qui devrait être la prochaine sur la liste "À Bombarder" d'Al-Qa'ida.

Mêlé mêlé, en effet, but aren't we all. La semaine dernière, je marchais sur la rue principale de Beyoglu (le quartier Ste-Catherineouestesque où j'aurai le malheur d'habiter l'an prochain), quand je me suis retrouvé au milieu d'une foule qui s'est mise à scander, juste au moment où je passais (j'ose espérer que c'est un adon), "Katil ABD, Ortadogudan Defol": "USA, Assassin, Fous le Camp du Moyen-Orient". Eh bien vous prendriez les manifestants un par un et vous leur demandriez si leur slogan est synonyme de "USA, Assassin, Fous le Camp d'Ici", et je vous garantis qu'au moins la moitié vous corrigerait en remplaçant "ici" par "là-bas".

Oh ouais, vous voulez que ce soit tout pareil, qu'on mette tous les Musulmans dans la même boite, parce que c'est plus pratique pour les éduquer comme ça. À Kadikoy, vous en trouveriez pour vous dire "Qu'est-ce que j'en ai à foutre, moi, des Musulmans", un peu comme, ben, qu'est-ce que vous en avez à foutre, vous, des Catholiques?




Tout ça pour dire que l'Ambassade, faisant suite à sa perfide habitude de transgresser toutes les règles du bon sens diplomatique, déménage. On ne ferme pas, on repeint seulement les murs en vert. Je reste au poste.
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15 mai 2006

Les joies de la traduction

Depuis quelques jours, je redécouvre les joies d'être historien. Puisque je suis un être torturé, pessimiste et masochiste, je les redécouvre en faisant autre chose qui est, en fin de compte, bien pire que mon propre métier.

Cet autre chose, c'est la traduction d'un quelconque truc pour un conglomérat turc. Je sais, je sais, les théories de la traduction et tout le bataclan, de connaître la langue turque ne fait pas de moi un traducteur compétent. Eh bien justement, si mon incompétence peut foutre la merde dans les plans de ces chevaliers d'industrie de mes deux (mais quand même millionaires) sans trop qu'ils ne s'en rendent compte, considérez ça comme ma petit contribution contre le capitalisme. Et je ne crache pas sur le salaire non plus.

Anyways, toujours est-il que ça fait des jours que je nage dans le dynamisme et la qualité totale, et ça commence à me monter à la tête. Tellement que je viens de tomber sur ce document impérial Ottoman datant de 1456, soit trois ans après la conquête de Constantinople, et envoyé à des seigneurs locaux sur le point d'être conquis. Je vous en traduis des extraits aussi directement que possible:



L'Empire Ottoman est un leader en matière de recherche et développement. Il est à l'origine de l'infanterie professionnelle, en voie de devenir la norme européenne, et son expertise reconnue en matière d'artillerie lui assure un taux de succès élevé en matière de sièges.

Sa longue expérience dans l'administration d'une population à la fois Chrétienne et Musulmane donne à l'Empire Ottoman une expertise sans égal en matière de décentratisation. Une série de kanunnâmes (codes de lois) adaptés aux traditions régionales permet de répondre aux besoins spécifiques de chaque marché.

L'Empire Ottoman a également mis en place de projets communs avec des partenaires dynamiques. Une série d'accords commerciaux avec des figures de proue en matière d'échanges internationaux, tels Venise et Gênes, assure une rentabilité maximum à l'organisation.

Les succès de l'Empire sont reconnus sur la scène nationale et internationale; notons entre autres le titre de "Souverain des deux mers et des deux continents" décerné pour une troisième année consécutive au sultan de l'Empire, Mehmet II, par l'Association des Courtisans de Mehmet II. Cette reconnaissance s'ajoute à une longue liste de titres et d'honneurs qui ne manquera pas de s'allonger dans les années à venir.

Soucieux d'offrir à ses sujets une administration hors pair, l'Empire Ottoman a développé un système innovateur pour le recrutement de personnel, le devshirme. Des levées ultra-sélectives effectuées à intervalles réguliers dans les provinces des Balkans assurent à l'empire un avantage marqué en matière de ressources humaines.

L'expansion géographique phénoménale de l'Empire Ottoman au cours des 150 dernières années s'est traduite par une intégration verticale qui en fait aujourd'hui un empire-monde. Ce statut exceptionnel lui permet de subvenir sans intermédiaire à tous les besoins de ses sujets. Il permet également une flexibilité sans égal dans l'attribution de gouvernements provinciaux; les seigneurs locaux qui se soumettent volontairement au sultan peuvent ainsi maintenir un statut social élevé tout en s'intégrant harmonieusement aux traditions administratives de l'Empire.

Se soumettre à l'Empire Ottoman, c'est faire partie d'une équipe gagnante!

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09 mai 2006

Histoire: Secondaire (2/2)

Résumé le l'épisode précédent: Pris par la queue de la tempête de mots qui souffle sur la page Idées du Devoir après qu'un certain rapport ait suggéré d'accoler à l'histoire le mot "pluriel" accordé au féminin singuler, votre dévoué ambassadeur se met à divaguer et imagine que le concept de courage (et l'idée d'avoir un coeur d'airain, Dieu sait où il est allé pêcher ça) s'applique à un type qui vous parle de sa job d'historien en singeant un animateur de ligne ouverte à TQS. Au dernières nouvelles, il avait laissé monsieur Ringuette, de Schefferville, patienter au téléphone pendant quelques jours.

[petite musique de harpe]

Monsieur Ringuette, le Québec vous écoute.

"L'histoire est remplie d'exemples pour l'édification des jeunes âmes, n'est-ce pas. Qui ne sait pas d'où il vient ignore où il va, n'est-ce pas. Moi-même, en ma jeunesse, j'ai été terriblement inspiré par l'exemple de l'esprit d'aventure d'Étienne Brûlé..."

Monsieur Ringuette, je suis certain que la municipalité de Schefferville crève de fierté d'héberger un homme du moyen âge. N'y voyez aucune insulte, je veux simplement dire qu'il n'aurait eu aucun historien il y a mille ans si personne n'avait pensé comme vous à l'époque. Cela étant dit, vos homologues sont aussi nombreux aujourd'hui, et pas des moindres: Gérard Bouchard nous tint à peu près ce langage à propos des Patriotes.

Le problème (au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je vois des problèmes partout), le problème est que -n'en déplaise à l'excellent historien qu'est le Professeur Bouchard- ce n'est pas de l'histoire. Ou alors c'est de l'histoire mal faite, dans la mesure où cette approche impose une vision résolument contemporaine (est-ce que j'ai vraiment utilisé l'expression "résolument contemporaine"? Oh misère...) sur des événements et des manières de penser qui n'ont rien de contemporain. On doit, au mieux, reléguer au notes de bas de pages le fait que les Patriotes n'avaient aucune intention de voir leur beau projet démocratique s'appliquer à la moitié féminine de la population, et on doit présenter les autorités militaires britanniques comme motivées d'abord et avant tout par le doux plaisir d'être le méchant qui flatte un chat persan au sourire méprisant en rêvant d'être maîtres du monde (mwah ha ah!). Le mieux qu'on puisse espérer, en fait, est de mettre le tout sur le compte d'un "oui mais c'était une autre époque" qui est une garantie-ou-argent-remis de ne pas comprendre les gens dont on parle. Oh, et Étienne Brûlé ne comptait pas sur un plan d'appels interurbains à bas prix quand il partait dans le bois. Désolé, Ringuette, tu ne passes pas le test toi non plus. On a le temps pour un dernier appel, monsieur Voyer de Gatineau.

"Il faut former des citoyens! Des citoyens! L'Histouare, c'est pour former des citoyens!"

Ouaip, vous brûlez. Comme le dit la charte du Parti Libéral, la vérité sort de la bouche des Gatinois. Une certaine connaissance de l'histoire peut effectivement aider à (ou plus exactement, est absolument nécessaire pour) comprendre l'actualité. Mais à moins d'être un maniaque unidimensionnel qui pense que Louis-Joseph Papineau est un des sbires de Raymond Villeneuve (ça existe, c'est même assez commun), on doit avouer que la pertinence de ces racines a une forte tendance à se faire rare quand on retourne vers un passé plus lointain. Bien sûr, l'Acte de Québec nous a donné le Code civil en 1774, mais c'est la conséquence plutôt que l'épisode lui-même (et les circonstances qui l'entourent) qui demeure pertinente aujourd'hui. De mettre l'emphase sur les liens (tout ce qu'il y de plus réels) de cette origine avec la Révolution américaine serait à peu près l'équivalent de décrire, dans une biographie politique de Pierre Elliott Trudeau, une scène de sexe modérément torride de l'hiver 1919 au cours de laquelle Le Québécois a été conçu. Ça vous excite peut-être (je ne suis pas du genre à juger), mais j'oserais affirmer ce n'est pas hyper pertinent.

Tout ça pour dire qu'un cours de citoyenneté est une option valable, voire même souhaitable, mais ce n'est pas un cours d'histoire.

Et voilà, le chat (persan, avec un sourire méprisant, en train de se faire flatter par un impérialiste britannique qui trempe son scone dans une tasse de thé Darjeeling) est sorti du sac. Je suis un historien qui dit que les cours d'histoire au secondaire ne devraient pas être une priorité.

Ben coudonc, je me sens un petit peu comme un rabbin antisémite, moi, tout d'un coup.

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06 mai 2006

Bon peuple

Joyeuse nouvelle, ce matin, les deux tiers de la population québécoise veut que Jean Charest prenne des vacances. Permanentes.

Deux des trois principaux reproches qu'on lui fait sont le manque de leadership et le fait qu'il ne tienne pas compte de l'opinion publique. Un sondage réalisé auprès de monsieur Charest indique que 100% du premier ministre considère que le terme "cohérente" s'applique "peu" ou "pas du tout" à l'opinion publique québécoise.

Le chef du Parti Québécois André Boisclair a pour sa part dénoncé le caractère décousu de l'incompétence du premier ministre, affirmant que le Québec a besoin d'un leader à l'écoute de la population avec des idées fortes, qui pourrait amener un vent de jeunesse dans l'esprit de René Lévesque.
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05 mai 2006

Histoire: secondaire (1/2)

L'élément le plus fondamental d'une formation en histoire est la capacité de mentir sur l'importance de ce que l'on fait. Vous croyez que j'exagère? La dernière demande de bourse dans laquelle j'ai admis que mon travail était socialement insignifiant m'a valu une réponse selon laquelle ma candidature était excellente, mais qu'on ne m'avait pas sélectionné parce que la compétition était particulièrement forte cette année-là. J'aurais envoyé un poème sur les Calinours et une photo d'un chat avec une écorce de pomelo sur la tête qu'il m'auraient répondu que ma candidature était excellente, mais que la compétition était particulièrement forte cette année-là. Si vous pensez vraiment que ça veut dire que ma candidature était excellente mais que la compétition était particulièrement forte cette année-là, vous êtes probablement du genre à donner des ordres à ceux qui répondent à vos éternuements par "à vos souhaits".

Anyways, après qu'un cercle de p'tits cerveaux du ministère de l'éducation du Québec ait suggéré (ou alors menacé) de rendre l'enseignement de l'histoire au secondaire moins conflictuel, un peu tout le monde s'est mis à s'engueuler par lettres d'opinion interposées. On parle du comment, mais (peut-être parce que je suis loin et un peu dur d'oreilles) je n'en entends pas beaucoup qui cherchent à determiner pourquoi, voire même "si" on doit vraiment enseigner l'histoire au secondaire. Regardez mon courage, mon coeur d'airain, j'ose poser les vraies questions. D'ici pas longtemps on va me donner l'animation d'une émission d'affaires publiques à TQS.


On prend un premier appel, monsieur De Champlain, de Boucherville:

"Oui, alors euh, moi, euh,je pense que oui euh. Il faut donner une certaine culture générale à nos jeunes..."
Monsieur De Champlain: De un, l'expression "nos jeunes", c'est l'étape qui précède immédiatement "dans mon temps"; vous êtes en passe de tomber dans les radotages de moins en moins compréhensibles et de plus en plus noyés de bave dégoulinante en attendant que la gentille infirmière vienne vous donner votre bain hebdomadaire. Surveillez votre langage, ça pourrait vous sauver la vie.
De deux, un peu de culture générale, peut-être, mais aussi un peu de cynisme, que diable! L'école québécoise fait lire des romans jeunesse à des élèves de cinquième secondaire; c'est un lieu où la culture générale y consiste à pouvoir identifier la religion dominante en Israël ou le nom du compositeur du Boléro de Ravel. Non, ne vous faites pas trop d'illusions, les élèves du secondaire qui veulent de la culture générale s'en trouveront eux-mêmes (comme ils le font depuis des générations) tandis que les autres vont plutôt regarder la fin de Loft Story. Prochain appel, celui de madame Le Duc de Côte des Neiges.

"Perspective historique, monsieur, il faut leur donner une perspective historique. Qu'ils s'aperçoivent qu'ils ne vivent pas au début et à la fin du monde."
Madame Le Duc, ô madame Le Duc, je suis tellement d'accord avec vous que mon bouton de pantalon vient de sauter. Oh oui, il faudrait donc... Il faudrait aussi que les hommes vivent d'amour et qu'il n'y ait plus de misèèèèèère.
Laissez-moi prendre un petit ton (encore plus) docte (que d'habitude) et vous indiquer qu'après sept ou huit ans à étudier l'histoire à temps plein, je commence seulement à avoir l'impression d'une certaine perspective historique. De la demi-douzaine d'individus qui m'ont enseigné l'histoire avant d'entrer à l'université, aucun ne possédait ce que je considère comme une perspective historique d'un niveau acceptable pour un historien (ou pour une historienne, d'ailleurs). {Sérieuses carences dans les qualifiations} PLUS {nombre d'heures d'enseignement hebdomadaire ridiculement bas} PLUS {"eille, ça me tente pas, là, j'en ai fait cinq minutes, là, j'm'en va fumer, ostie"} ÉGALE rêvez toujours, je rêve avec vous.

On s'en va à la pause publicitaire, et dans quelques jours on revient avec notre prochain appel, celui de monsieur Ringuette de Schefferville...

(à suivre)




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01 mai 2006

La force des idéologies (spécial 1er mai)

Le dialogue le plus stupide que j'ai entendu aujourd'hui:

A: Je vais aller me chercher un souper chez McDonald's ce soir.
B: T'es malade! C'est le 1er mai, tu sais que les plus grosses manifestations d'extrême-gauche à Istanbul se passent dans ton quartier. Faut vraiment que tu sois sourd et aveugle pour ne pas avoir remarqué les centaines de policiers près des quais ni entendu "L'Internationale" à cent décibels ce matin! Tu le sais, à chaque année y'a des débordements de violence des deux côtés. Tu veux vraiment te promener sur la rue avec un petit sac marqué McDonald's dans une atmosphère comme celle-là?
A: Je sais, je sais, c'est pas prudent. Mais j'y vais même pas une fois par mois!
B: Et le symbole? Si tu n'y vas presque jamais, ça devrait être plus facile de respecter les travailleurs un jour comme aujourd'hui, non?
A: Ouin, peut-être mais... j'ai VRAIMENT le goût de manger du McDo...



Lieu où j'ai entendu ledit dialogue: Dans ma tête.

Ma situation actuelle: En train de mettre de la graisse de frites partout sur mon clavier, avec d'horribles brûlements d'estomac.

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