22 mars 2007

Programme IV: Québec Solidaire

Certains partis effectuent des remaniements ministériels. Cela nécessite, bien sûr, d'être au pouvoir. Or sans espoir de remporter les élections, Québec Solidaire s'est permis un remaniement de ses idées en pleine campagne électorale.

On n'a, à ma connaissance, rien changé dans la formulation des 25 propositions de QS, mais l'ordre dans lequel elles sont présentées a été complètement chamboulé entre la version pdf de leur programme disponible au début de la campagne et celle que l'on retrouve sur leur site web aujourd'hui. Des détails, vraiment? Pas nécessairement:

Trônant en tête de la version originale du document se trouvait la proposition de fonder une "assemblée constituante" élue au suffrage universel (mort aux capitalistes qui prétendent que l'Assemblée Nationale du Québec existe déjà!) afin d'effectuer une consultation qui déterminera que les Québécoises zélé québécois désirent la souveraineté. (proposition #23)

Minute, papillon: créer une institution qui existe déjà pour en arriver "par consultation" à une conclusion prédéterminée? Moi aussi, si une telle chose se retrouvait sur la première page de mon programme, je m'arrangerais pour l'enfouir à l'avant-dernière page.

Entre autres merveilleuses idées, on nous annonce aussi que QS va mettre "sur pied des congés servant à la formation linguistique pour les travailleurs et les travailleuses, financés conjointement par l’État et les employeurs" (proposition #19). En d’autre therme, plusse ont fais des fôte de Francais, moin ont travaillent. Sti c lfun.

Et quand le programme affirme que "Québec solidaire réduira progressivement, et ce à tous les niveaux, le nombre d’élèves par classe. " (proposition #18), vous ne vous inquiétez pas de savoir comment? Vous ne vous inquiétez pas qu’on vous promette quelque chose qui peut être la conséquence directe d’un décrochage scolaire massif?

D'autant plus que, après avoir quitté l'école, la situation ne s'améliore pas. Laissez-moi prendre un petit ton paternaliste (phallocrate! obscurantiste! adéquiste! jefffillionesque!) et rappeler à Québec Solidaire que la majorité des gens qui reçoivent un salaire au Québec reçoivent ledit salaire de cette méprisable et horriblissime machine que l'on appelle l'entreprise à but strictement lucratif. Et alors?, me demanderez-vous.

Alors l'approche de Québec Solidaire envers lesdites entreprises consiste à:
-Couper leurs marges de profit (qu'elles soient morales ou pas, légitimes ou non) par des hausses d'impôt;
-Augmenter leurs masses salariales (à partir de niveaux moraux ou pas, légitimes ou non) en renforçant les syndicats;
-Augmenter leurs dépenses relatives aux avantages sociaux (suffisantes ou pas, légitimes ou non) en offrant de pleines retraites aux employés à temps partiel qui travaillent cinq heures par semaine;
-Décourager l'achat de leurs produits sous prétexte (moral ou pas, légitime ou non) qu'elles sont à but lucratif;
-Diminuer le temps de travail et augmenter les vacances de tous leurs employés sans toucher à leurs salaires.

Bien sûr ces politiques favorisent toutes les travailleurs. Mais elles ne favorisent pas vraiment les sans-emplois qui travaillaient autrefois pour des entreprises ayant pris la décision (peut-être pas légitime et certainement pas morale) de déménager dans un pays où règne un gouvernement plus ouvert à l'idée de prostituer ses finances publiques. Et des pays comme ça, il y en a.

Marx disait que la révolution post-capitaliste devait se produire sur une base internationale. C'est vraiment si compliqué de comprendre pourquoi?

Il y a quelque chose de vraiment déprimant à conseiller aux membres de Québec Solidaire d'aller lire Karl Marx...


Programme de Québec Solidaire


Voir aussi:
Programme I: ADQ
Programme II: PLQ
Programme III: PQ




[Note : Si vous voulez obtenir une copie de la version précédente du programme –que j’ai téléchargée quelque part entre le 1er et le 4 mars-, surtout si vous avez un espace pour le rendre disponible sur le web, couriellez-moi (trepanistan[at]gmail[point]com).]

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14 mars 2007

Programme III: PQ

Certains des adversaires du Parti Québécois le présentent comme obsédé par l'idée de souveraineté du Québec, qu'il considère comme une panacée. Ces critiques feraient toutefois bien de jeter un coup d'oeil au programme du parti, qui offre une perspective toute différente sur la question.

Selon le programme du PQ, l'indépendance du Québec est le seul objectif politique d'importance réelle, dans la mesure où elle réglera tous nos problèmes.

Nuance.


Mais encore faut-il lire le programme en question, ce qui n'est pas de la tarte. Pour un parti qui se présente comme le plus grand défenseur du français, le style est surprenamment sec et bureaucratique --à mille lieues d'un hommage à la langue.

C'est d'autant plus dommage dans la mesure où ceux qui sont en mesure de lire ce texte sont de moins en moins nombreux. Comme le programme lui-même l'affirme,

"il existe encore une fraction importante de la population qui a moins qu’un diplôme de 9e année" (p. 54)
Puisque, aux dernières nouvelles, le diplôme en question n'est pas décerné au Québec, c'est là un problème qui ne peut qu'aller en empirant.


Évidemment, les solutions au problème sont multiples. On affirme par exemple que
"Le sport d’élite constitue une vitrine privilégiée de la culture d’un pays et un excellent moyen de stimuler la jeunesse à viser l’excellence." (p.25)
C’est précisément ce que disait déjà Mario Lemieux, il y a quelques années, en utilisant toutefois des mots moins compliqués.

(Pour ceux qui l'auraient oublié, Lemieux continue de faire rayonner la culture québécoise en tant que propriétaire des Pingouins de Pittsburgh Pittsburgh Penguins.)


Dans ce flot continu d'abrutissement généralisé, le PQ ne doute pas une seconde de sa solidité intellectuelle. Par exemple, il nous promet que
"les élèves s’initieront à une troisième langue mais après qu’une étude d’impact aura préalablement été menée sur les conséquences pédagogiques de l’intégration d’une troisième langue dans le programme" (p. 21)
Une solidité intellectuelle telle, comme je vous le disais, que les résultats positifs de l'étude sont connus et pris en compte avant même qu'elle ne soit menée.


Moi, pour ma part, j'en perds des bouts.

Le texte du programme, par exemple, débute par la liste d'une douzaine de principes qui guident le parti (pp. 3-5). Or l'énoncé de dix de ces douze principes débute par "Le Québec est et sera..." (le présent faisant référence à l'actuel régime colonial, le futur simple signifiant les lendemains qui chantent après l’accession à la souveraineté). Est-ce que cela veut dire que la souveraineté ne changera rien?

Rien ou presque, bien sûr, puisque selon cette déclaration de principes les deux caractéristiques que le Québec ne possède pas encore sont l'indépendance et la laïcité. Mais l'indépendance est quand même un gros morceau à accepter si elle ne sert qu'à taper sur des prêtres qui sont déjà à genoux (quelle que soit leur motivation).


C'est probablement aussi à cause de ma faible capacité crânienne que j'ignore pourquoi ils insistent sur le fait que
"Entre 1994-1995 et 1999-2000, les transferts fédéraux au Québec pour la santé, l’éducation postsecondaire et l’aide sociale ont été réduits d’une somme cumulative de 7,5 milliards de dollars." (p. 61)
Serait-ce là une attaque contre les capacités de négociation intergouvernementale du parti qui a gouverné de 1994 à 2003?

Le Parti Québécois est un parti fondé sur la démocratie. Et, semble-t-il, plus précisément sur la démocratie populaire. C'est ainsi que la couverture du programme désigne le texte comme un "programme de pays" (puisque les masses laborieusent rêvent d'un pays préprogrammé). Dans le même ordre d'idées, une des étapes de la Longue Marche vers la Souveraineté consiste à "entreprendre un exercice d'éducation et de formation populaires" (p. 13).

Répétez après moi: on divise la population en deux. D'une part le vrai peuple, qui veut voter PQ, et d'autre part les ennemis du peuple, qui n'ont pas encore appris qu'ils veulent voter PQ. Un petit séjour en camp de rééducation devrait leur faire comprendre La Vérité. C'est d'ailleurs probablement le même besoin d'uniformité qui incite le parti à demander le "règlement pacifique des différents (sic)" (p. 51).


Il ne faut toutefois pas pousser la paranoïa trop loin. Quand on affirme que
"Nous constatons, par exemple, que nos habitudes alimentaires génèrent des problèmes de santé tels qu’il est nécessaire d’en faire une priorité." (p.58)
...il s'agit probablement d'André Boisclair qui admet enfin les conséquences de son refus de "roter le baloney".


Il n'est aussi pas toujours nécessaire pour le Parti Québécois de s'imposer avec des méthodes musclées pour remplir ses promesses. Certaines de leurs promesses ne sont que du vent, comme celle de "conférer un statut collectif à l'air" (p. 31)

Si j'étais un petit comique, je m'amuserait du fait que le PQ a le statut collectif à l'air. Mais nous nous devrons de garder notre sérieux devant le cuisant échec qu'essuieront ainsi les compagnies d'air.


Et de la même manière, si le PQ nous promet d'"exiger que tout accord de libre-échange doive exclure de son application [...] le système carcéral adulte ainsi que juvénile" (p. 77), on peut probablement espérer voir l'esclavage aboli chez nous d'ici peu.


Mais le projet du Parti Québécois est d'abord et avant tout un projet rassembleur. Car, comme l'affirme son programme, "Le Québec est et sera solidaire" (p. 4).

À l'issue, il va sans dire, d'une action démocratique. Si je peux moi aussi de m'exprimer de façon aussi libérale.



Programme du Parti Québécois


Voir aussi:
Programme I: ADQ
Programme II: PLQ
Programme IV: Québec Solidaire
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08 mars 2007

Programme II: PLQ

Le Parti Libéral du Québec est dans une situation unique. Contrairement aux autres partis, qui essaient de nous convaincre que nous vivons en enfer, il doit démontrer à son électorat que ce dernier habite en fait le paradis.

C'est là une tâche, soyons honnêtes, plus facile pour le PLQ que, disons, pour le PLSR (Parti Libéral du Sri Lanka). Mais le PLQ doit aussi se présenter comme l'origine de cet état nirvanesque. Fort heureusement, l'histoire est une substance malléable. Par exemple, le programme affirme que,

"...notre nation doit continuer de s’affirmer et de se distinguer comme elle le fait depuis 400 ans" (p. 63)

...et ce malgré les perfides insinuations de votre prof d'histoire péquisse, qui prétend que le plus gros de ces quatre siècles s'est passé dans un état de subordination coloniale.

Le PLQ possède aussi une personnalité forte, comme l'énonce parfaitement cette citation de Claude Ryan:
"Être libéral, c’est vouloir en même temps le progrès de l’individu et celui de la société. Ces valeurs forment un tout. C'est ensemble, et non séparément, qu’elles donnent au Parti libéral sa physionomie propre." (p. 7)

Le parti se distingue donc très nettement du PQ (dont le programme demande l'arrêt du progrès de l'individu), à celle de l'ADQ (qui réclame à grands cris la régression de la société) et celui de Québec Solidaire (inconfortable à l'idée d'une physionomie propre).

Cette personnalité forte, elle trouve sa source dans la liste des "défis auxquels le Québec fait face", à savoir le vieillissement de la population, la concurrence internationale, le développement durable et le défi des finances publiques (p. 4). À part un développement durable -que son caractère décoratif dispense d'être défini- le reste semble pour le moins lucide (et c'est pas un compliment).

De même, tout au contraire de l'ADQ qui promet de la rigueur intellectuelle dans un avenir éloigné, le PLQ a la ferme intention de baisser les standards ou, comme le programme l'affirme si joliment, de "rendre notre culture plus accessible" (p. 68). C'est pourquoi, et je cite:
"Nous prenons sept engagements en éducation.
ENGAGEMENT No 5: FAVORISER LA RÉUSSITE SCOLAIRE" (p. 27)

Je cite dans le texte, sans rien couper entre les phrases. Moi, si j'étais eux, je commencerais par l'engagement numéro cinquante-douze, 'apprendre à compter'

(D'accord, c'est un cheap shot, mais je n'ai absolument pas trafiqué la citation, vérifiez vous-mêmes).

Le PLQ, c'est aussi le véhicule politique de la demi-vérité discutable. C'est le seul des quatre gros partis à inclure dans son programme des graphiques tronqués, ces merveilleuses petites représentations visuelles qui réussissent à donner l'impression que 9,3 est le double de 7,7 (on les retrouve aussi sur les armoiries de la République Démocratique de la Malhonnêteté Intellectuelle). On compte, au total, pas moins de huit de ces petites merdes dans le programme libéral (pp. 9, 14, 35, 43 et 44).

C'est malhonnête, ou c'est inquiétant: La diminution de la taille de la fonction publique, par exemple, est projetée pour les sept prochaines années (p. 14), comme si une des promesse du PLQ était de rester au pouvoir après la fin de son nouveau mandat. Non seulement le PLQ ne promet pas d'élections à date fixe, il sous-entend même qu'y'en aura pas, des élections.

De la même manière, le programme nous affirme que
"Contrairement à l’idée reçue, l’investissement privé est en progression au Québec. Ainsi, pour les 2 dernières années dont les résultats sont finaux, soit 2004 et 2005, les investissements des entreprises ont représenté 11,5 % du PIB au Québec contre 11,3% du PIB pour le Canada (sans l'Alberta qui bénéficie d'une conjoncture unique)." (p. 48)

...ce par quoi, je suppose, on veut dire qu'il n'est pas de mise d'affirmer que l'économie albertaine est plus active que la nôtre puisque que l'économie albertaine est plus active que la nôtre.

Mais tout n'est pas perdu, car il y a aussi un humour raffiné au PLQ, ou à tout le moins chez la personne déléguée pour rédiger les pages environnementales. C'est ainsi qu'on apprend que

"L’environnement n’a jamais été une priorité pour le PQ. Il a gouverné à vue, sans vision d’ensemble." (p. 56)

...ce qui est, à vue de nez, une manière de voir visiblement peu visionnaire, mais qui nous fait aussi voir qu'être visionnaire n'a rien à voir avec avoir des visions.

Et, finalement,

"Même la Politique nationale de l’eau, pourtant annoncée en grande pompe, n’était pas accompagnée du financement nécessaire à sa mise en oeuvre." (p. 56)


Car, comme nous le rappelle Jean Charest, à quoi peut bien servir la grande pompe quand on siphonne le budget?...


Programme du Parti Libéral du Québec


Voir aussi:
Programme I: ADQ
Programme III: PQ
Programme IV: Québec Solidaire
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06 mars 2007

Programme I: ADQ

Ainsi donc, notre petit tour d'horizon (l'horizon est bien bas, ne l'oubliez pas) des programmes politiques débute, alphabétiquement, par celui de l'ADQ.

L'ADQ qui, dans son programme politique, pose la question:


"Saviez-vous que... [...] Depuis 1976, tous les gouvernements successifs promettent à tour de rôle une décentralisation qui est restée au stade d’un simulacre ?" (p. 20)

Se présentant comme l'incarnation du changement, le parti de Mario Dumont propose une... décentralisation du gouvernement.


En fait, l'ADQ porte le concept d'autonomie à un niveau qui frise l'obsession psychopathologique. On respecte l'autonomie des parents, des régions, des directeurs d'école (voir plus bas) et des professionnels de la santé. Un texte ancien, le "Protocole des Sages de Rivière-du-Loup", contient d'ailleurs cette sage pensée: "Offre à ton prochain son autonomie. Nul ne pourra par la suite t'accuser de manquer de leadership ou d'agir de façon totalement irresponsable." C'est du moins ce que l'on raconte, les deux pieds réchauffés par la truie, dans les sombres landes du Bas Saint-Laurent.

Plus généralement, quand on prend connaissance du programme "autonomiste" de l'ADQ, on réalise rapidement qu'il s'agit de faire la souveraineté du Québec sans se séparer du Canada: Le Québec deviendrait ainsi un "état autonome" plutôt qu'une province, on n'aurait plus qu'un seul rapport d'impôt et on promulguerait une constitution Québécoise à laquelle, en toute logique, les activités du gouvernement fédéral en sol québécois serait soumises. Ces transformations ne peuvent évidemment se faire sans l'accord du gouvernement fédéral.

En d'autres termes, l'ADQ tient à obtenir la même chose que le PQ mais de façon négociée. Mettre fin aux "chicanes constitutionnelles", vous disiez?

Mais l'ADQ est aussi le seul parti à promettre de la rigueur intellectuelle. Sans blague:

"Un gouvernement qui se soucie réellement de la réussite des jeunes ne doit pas se contenter de politiques de nivellement par le bas, mais plutôt encourager la culture de l’effort et de la rigueur." (p. 11)


L'ADQ est tournée vers l'avenir. C'est pourquoi cette rigueur sera l'apanage exclusif des futures générations. Entre-temps, on nous affirme (à la page précédente, rien de moins) que

"Les pays scandinaves fonctionnent avec des effectifs ministériels qui correspondent à 10 % du nombre de fonctionnaires du ministère québécois de l’Éducation" (p. 10)

...sans qu'on s'embête trop de préciser s'il s'agit d'un total ou d'une moyenne des pays Scandinaves, de quels niveaux scolaires il est question, si ledit ensemble inclut la Finlande ou pas et, plus généralement, d'où sort cette statistique que l'on espère visiblement ne pas voir vérifiée par personne.

Mais l'ADQ est d'abord et avant tout un parti inclusif. C'est pourquoi le programme affirme que
"Tous ceux et celles qui vivent au Québec sont des Québécois, sans exception" (p. 3)

L'affirmation a plusieurs conséquences, mais j'en retiens deux. D'une part, il est possible d'être québécois sans être canadien: Suffit d'être un étudiant étranger à McGill ou à l'UdM. Et de deux, les féministes on gagné: On abolit les Québécoises pour traiter tout le monde comme des hommes.

Gagné, vraiment? Pas tout à fait, il reste un délai. Par exemple, l'ADQ promet de
"renforcer le rôle du directeur de l’école afin qu’il puisse exercer pleinement son leadership en matière de pédagogie et d’administration." (p. 11)

Si la mesure s'avère efficace, on l'étendra aux directrices d'école l'année suivante.

Et, en terminant, une belle grosse citation toute juteuse:
"L’identité du Québec s’est également développée par la contribution exceptionnelle de nos créateurs, de nos chercheurs et de nos entrepreneurs qui, depuis plusieurs années, font la fierté du Québec partout sur le globe. Il faut donc reconnaître cette extraordinaire vitrine qui nous est ainsi offerte de vendre le Québec que nous aimons tant."

C'est une citation qui me touche dans mon profond le plus creux, peut-être parce que je suis moi-même payé pour être un tel chercheurs. Mais je m'avoue un tout petit peu inconfortable devant une telle utilisation du verbe "vendre", en partie parce que je ne suis pas certain du rôle que j'ai à jouer dans ladite transaction (quoi qu'il semble que je fasse partie de la marchandise transigée), mais aussi et surtout parce qu'une des définitions qu'offre mon Petit Robert pour le verbe "vendre" est la suivante:

"Abandonner par intérêt d'argent".




Programme de l'ADQ (pdf)



Voir aussi:
Programme II: PLQ
Programme III: PQ
Programme IV: Québec Solidaire
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05 mars 2007

Programmes

Je suis, vous savez, comme un de ces petits enfants qui se lèvent à cinq heures du matin et transforment la cuisine en champ de bataille dans le but de faire à leurs parents la surprise d'un gâteau qui, avec un peu de chance, n'aura pas causé d'incendie transformant la maison en perte totale --mais un gâteau toujours immangeable.

Sauf que mon gâteau à moi, il rêve de diriger le prochain gouvernement du Québec.

Oui mes enfants, mes amis, mes camarades, je veux parler de la soupe aux nouilles, de la soupe au lait, de la soupe aux pois et du potage équitable. Et je les ai ingurgités dans leur forme, oh! peut-être pas la plus visqueuse, mais certainement la plus aride: Les programmes politques.

Alors surveillez, dans les prochains jours, ma petite revue littéraire des programmes des quatres plus gros ("grand" est un bien trop grand mot) partis: ADQ, PLQ, PQ et QS. D'accord, je ne me suis peut-être pas levé à cinq heures du matin pour ce faire, mais je me suis quand même tapé à peu près 250 pages de couci-couça (ce qui, contrairement à ce que pourraient croire les Hérouxvillains, n'est pas un plat nord-africain).

Comme disait l'autre, j'te jure, Antoine, ce que j'ai fait, aucun enfant ne l'aurait fait.


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01 mars 2007

Impression soleil couchant

Je suis un être bon. D'accord, d'accord, pas tout le temps, mais quand je pense pouvoir en tirer profit, oui. Et là, justement, j'ai envie. D'être un être bon. Lors laissez-moi répondre cette bonté à vos pieds. Et ramassez-la. Parce que la bonté, même ma bonté à moi, c'est bon pour vous.

Vous me demandez, ô êtres dubitatifs! comment serai-je bon pour vous aujourd'hui. Cessez vos supplications et laissez-moi m'exprimer: Aujourd'hui, je serai bon en vous décrivant une scène de rêve, une scène féerique, une scène dont VOUS êtes le héros (ou l'héroïne, je n'ai rien contre la drogue):

Alors vous voilà, vous avez payé, oui vous avez acquitté votre droit de passage. Votre présence parmi cette foule est donc parfaitement légitime et, avec elle, vous vous écoulez du salon des passagers vers l'extérieur, vers le quai. Vous embarquez vous aussi, mais choisissez de ne pas vous joindre à cette majorité qui emprunte l'escalier. Vous préférez vous glisser le long de la banquette qui longe le bord, à tribord, vers la proue, au ras des flots.

Il est 17h05 et le bateau vient de quitter la rive européenne d'Istanbul en direction de Kadiköy. À ce moment le vent vous frappe, beaucoup plus froid que sur la terre ferme. Pendant un instant vous envisagez de retraiter vers la cabine où, on vous l'a dit, il fait chaud.

Puis vous levez les yeux et, d'un coup, vous comprenez que L'Ambassadeur ne vous avait pas menti: Devant vous s'élève une masse d'un gris-bleu presque uniforme. Seuls les mots de votre informateur vous permettent de tracer les lignes entre les bâtiments mythiques: Süleymâniye, palais de Topkapi, Sainte-Sophie, la Mosquée Bleue. Et derrière cet assemblages aux limites de l'abstrait, le ciel le plus extraordinaire qu'il vous ait été donné d'admirer, un écran rose si gonflé de lumière que vous vous attendez à le voir exploser d'un moment à l'autre.

J'aurais pu plaquer une photo sur votre écran. Mon talent extraordinairement limité de photographe vous aurait -faussement- convaincu que vous comprenez de quoi je parle. Mais aujourd'hui je suis bon, je vous l'ai déjà dit, et je fais mieux:

Je vous dis quand être où.

Lorsque j'étais au secondaire, "à quatre heures en avant des bus" voulait dire "m'en vas te casser 'a yeule". Mais ce ne sont là qu'erreurs de jeunesse. Aujourd'hui, si je vous dit "à cinq heures dans le bateau pour Kadiköy", ça signifie plutôt que vous allez en tomber sur le cul.
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