26 octobre 2007

Autochtones, faibles d'esprit et gens de même nature

Une grande partie des nouvelles du Québec me passent par les deux oreilles. Via balladodiffusion, s'entend, La Première à la carte de Radio-Canada pour être précis. Et des fois, un peu au-dessus de mes deux oreilles, y'a des cheveux qui se dressent sur ma tête.

Or donc dans l'édition du 19 octobre de ladite balladodiffusion, on entend le criminaliste Jean-Claude Hébert qui explique ainsi à René-Homier Roy les inconvénients d'un changement dans les procès de délinquants sexuels (audio disponible ici, deuxième à partir du haut, à environ 2:00):

"C'est que si vous avez des gens qui sont par exemple faibles d'esprit, démunis, des autochtones, des gens de cette nature-là qui sont accusés d'avoir commis des gestes répréhensibles, comment peut-on se fier sur le fait qu'ils pourront avoir les ressources nécessaires, l'habilité pour démontrer le contraire de ce dont on prétend qu'ils sont..."

Wow.


OK, petit cours d'histoire:

D'abord, un groupe de colons débarque, prend possession des terres, tant pis pour ceux qui y étaient déjà.

Ensuite, le groupe de colons se multiplie, impose sa religion et sa culture aux autochtones, et en massacre une partie pour faire bonne mesure.

Au bout de quatre cent ans, les envahisseurs mettent sur pied une commission itinérante pour décider qu'ils n'ont rien à apprendre des cultures des nouveaux immigrants: Si le multiculturalisme canadien promeut les différences culturelles, si le melting pot américain les intègre à la culture dominante, le modèle québécois s'enorgueillit de les rejeter du revers de la main.

Et quand quelqu'un suggère sur les ondes de la radio nationale que "faibles d'esprit", "démunis" et "autochtones" sont des gens de même "nature", personne ne réagit.

Merde.

D'accord, je crois comprendre ce que voulait dire Hébert, et je ne suggère pas qu'il ait été inspiré par une quelconque conviction que les Amérindiens sont biologiquement stupides --en fait, son commentaire suggère plutôt une attitude empathique qui reconnaît l'impact de certains problèmes sociaux..

Mais sa formulation, elle, n'est pas simplement malheureuse, elle est totalement inacceptable. Sans tomber dans les excès, il demeure que c'est une affirmation qui demande des excuse, à tout le moins des explications.

Et pendant que les 'immigrants de dixième génération' se gargarisent de leur supériorité morale sur le reste de l'humanité, pendant qu'on ne trouve rien à redire d'une expression comme "faibles d'esprit, démunis, des autochtones, des gens de cette nature-là", eh ben, personne ne se pose la question:

Les accommodements qu'on a imposés aux amérindiens, ont-ils quoi que ce soit de raisonnable?


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19 octobre 2007

Bonjour Groupe (et bye bye principes)

Des fois, on a un problème et une âme charitable s'offre à nous pour le régler; des fois, c'est le docteur Jacques Chaoulli qui veut nous mener vers la Terre Promise. Son site web le dit, l'existence du Groupe Chaoulli (remarquez l'expression "Groupe", qui a pour objectif de donner une image chaleureuse et anti-corporative à l'entreprise) aura un effet profondément positif sur l'accessibilité aux soins de santé au Québec.

J'a déjà habité la Terre Promise dont il est question ici. Cette terre s'appelle Turquie, ou alors États-Unis. Dans les deux cas, il est tout à fait juste d'affirmer qu'un système de santé à deux vitesses permet un accès rapide à des soins de santé de qualité égale ou supérieure à ceux du système québécois. Un petit bobo et vous voulez consulter un médecin spécialiste dans les 24 heures? Ça m'est déjà arrivé, et je vous garantis que l'expérience n'a rien de désagréable.

Évidemment, l'assurance santé demeure de l'assurance: il faut savoir lire les petits caractères. Un tel accès est "permis", mais certainement pas garanti à la population entière. Et affirmer que l'existence d'une alternative privée n'affecterait pas le financement du système public relève, au mieux, d'une touchante naïveté (et au pire d'un dangereux mélange de stupidité et de mépris). George W. Bush vient d'opposer son véto à l'élargissement d'un programme de soins de santé gratuits pour les enfants pauvres. La question qu'il faut poser aux partisans de Chaoulli, c'est d'abord et avant tout s'ils croient que Bush se serait aussi opposé à cette mesure si elle avait affecté ses propres enfants. Touchante naïveté, sans aucun doute.

Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, qu'il n'y a pas de problème. Mais il est difficile de trouver une solution valable à un problème quand on se méprend sur sa cause.

Je suis toujours fasciné par la capacité incroyable qu'a l'opinion publique québécoise d'ignorer les parallèles entre ses propres problèmes et ceux d'autres pays. On radote sur le thème du vieillissement de la population, mais on ignore qu'un débat constant entoure aussi le financement des soins de santé aux États-Unis. Dans un pays où ledit financement se fait d'abord et avant tout à travers les employeurs, pas de raison de concentrer le blâme sur les baby-boomers en marchette.

Il y a des dizaines de facteurs qui contribuent à l'insatisfaction face au système de santé québécois, mais l'un d'entre eux, à mon avis central, semble ignoré de tous. Télécino: Dans le film Sicko de Michaeol Moore, on décrit le cas ultime d'injustice, un type qui perd deux doigts dans un accident et dont la compagnie d'assurance refuse de couvrir les frais pour qu'on les lui recouse. Stupeur, indignation et pétition de trois cent soixante-quinze mille noms pour que justice et annulaire soient rendus. Merci Télécino.

Injustice, oui ou non. Il y a cent ans, un multimillionaire ayant subi le même accident n'aurait jamais rêvé de se faire recoudre un doigt --et encore moins les deux.

En fait, c'est la conjonction de deux principes qui cause une bonne partie de nos problèmes. D'une part, l'accès aux soins de santé doit être universel et uniforme. D'autre part, cet accès doit inclure les tout derniers développements de la recherche médicale, faute de quoi il s'agit d'une injustice. Ces deux principes ne demeurent parfaitement compatibles qu'avec des budgets illimités.

La solution du Groupe Chaoulli n'est pas une simple alternative sans impact sur le système de santé public au Québec mais bien le choix de l'un de ces deux principes (accès au meilleur traitement possible) au dépens d'un autre (accès universel et uniforme). L'existence même du Groupe engage la population québécoise au complet, en transformant la décision d'un petit groupe de personnes en choix de société.

Oh oui, pour une modique somme vous aurez un accès rapide à des soins prénataux de qualité. Vos enfants naîtront toujours aussi libres, mais n'auront plus besoin de naître égaux.

* * *

André Drouin, le Hérouxvillain en chef, demande l'indépendance du Québec pour enlever à quiconque le recours de la charte canadienne des droits et libertés. Et il ajoute "Regardez ce qui se produit dans d'autres pays; n'attendez pas trop longtemps".

André Drouin n'offre pas seulement un modèle de société, il représente aussi un nouveau modèle d'action politique: Il met la population en garde contre lui-même. Et vous osez encore ne pas le trouver sympathique?


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12 octobre 2007

La cérémonie traditionnelle du Falardeau

Quand je me réveille après un cauchemar en plein milieu de la nuit (quelque chose qui met en scène Richard Martineau, je vous expliquerai un jour), quand une voiture me passe sur les pieds et m'arrache un ongle d'orteil, quand il fait tempête et que je m'ennuie de ma maman et que je pleure, j'ai seulement à penser aux délires de colonisés de Pierre Falardeau et autres Raymond Villeneuve. Et soudainement je souris, comme si je venais de prendre une toune de country québécois au sérieux ("Il fait soleil dedans mon coeur/O toi ma douce/Mon p'tit Jésus/Yodlayihi...")

Ce qui me rassure, que dis-je, ce qui me réjouit chez Falardeau et consorts, c'est l'effet de comparaison. Je me souviens d'un cours de CÉGEP où, à la suite d'un débat sur la peine de mort où nous avions contré tous ses arguments, une collègue de classe avait baissé les bras en affirmant que "Eille, si on pense trop, on va finir par capoter". Visiblement, y'en a qui pensent plus que moi.

N'empêche, jouons le jeu, imaginons si le Québec était colonisé. Pas juste une petite ingérence dans nos affaires gouvernementales, une vraie colonisation, avec la mission civilisatrice et tout. Et disons, pour maximiser le réalisme, que ceux qui nous colonisent sont des Indiens d'Amérique du sud.

Or donc les Amérindiens en question débarquent chez nous, mettent le feu au parlement, exilent le Premier Ministre Dumont au Texas (où sa carrière politique continue avec un succès aussi fulgurant qu'improbable), nous convertissent au chamanisme à grands coups d'ingestions forcées de psychotropes et donnent la strappe à quiconque est surpris à parler une autre langue que le quechua à l'école. Le bonheur règne sur le pays, les générations se succèdent dans l'allégresse et la chasse au tapir.

Ou pas. Un siècle plus tard, grosse rupture, une vague postcolonialiste s'empare des autorités Amérindiennes. Et là ça commence à suinter le remords, ça constate que les tentatives d'acculturation n'ont réussi qu'à moitié, ça décide de sauver la culture québécoise traditionnelle. Si vous pensez que la première phase était heavy, attendez un peu qu'on essaye de vous sauver.

"C'est vraiment horrible, la disparition des sociétés traditionnelles", qu'ils disent. "Imaginez toute la richesse de la connaissance sur les débuts du genre humain que l'on y perd, la diversité culturelle qui disparaît quand une langue qui n'est plus utilisée que par quelque grand-mère de Paspébiac pour se parler à elle-même."

Alors on s'assure que chaque paroisse québécoise ait son prêtre (un prêtre CATHOLIQUE, pas hétéroclite) et que chaque paroissien aille à la messe le dimanche. Finies les niaiseries, on vient sauver votre culture, un peu comme on sauve une espèce en voie d'extinction en créant un parc national. Tout changement culturel est une forme de défaite dans la grande guerre contre l'acculturation et l'uniformisation, et après nous avoir foutus dans la merde la société sudamérindienne progressiste fera tout pour nous ramener trois cent ans en arrière.

OK, on revient à la réalité. J'ai vraiment besoin d'expliquer ma métaphore?

"Ben non", que vous me dites (oh mes petits, j'apprécie votre perspicacité, j'apprécie), "on veut seulement qu'ils gardent leurs cultures, les gens du Sud, ça veut pas dire qu'on fait la promotion de l'obscurantisme".

Du genre, tape sur ton bongo et partage ta philosophie d'harmonie avec la terre-mère, mais t'avise pas d'avoir des rôles sociaux différents pour les hommes et les femmes. Tout le débat tourne autour de la différence essentielle entre les "bonnes valeurs traditionnelles" et les "mauvaises valeurs traditionnelles". Les bonnes, ce sont celles qui sont compatibles avec le programme de Québec Solidaire. Exercer une pression extérieure pour les réprimer, c'est du colonialisme et du génocide culturel. Les mauvaises, ce sont celles que QS veut corriger par l'éducation. Les "corriger", c'est une oeuvre de développement. Non non, rien de colonialiste dans cette tendance que l'on a à imposer aux autres de devenir une version idéalisée de nous-mêmes. Les missionnaires jésuites venus convertir les "Sauvages" au 17e siècle pensaient exactement la même chose. La seule différence était dans la classification de tel ou tel trait culturel dans l'une ou l'autre catégorie.

N'empêche, c'est vraiment dommage que le choix entre les "bonnes" et les "mauvaises" valeurs se fasse toujours par le pouvoir colonial. Moi, vu d'ici, vu de l'intérieur d'"un peuple soumis, un peuple vassalisé, un peuple inféodé à un autre", j'aimerais quand même avoir mon mot à dire. Parce que j'ai un peu peur que les autorités coloniales sudamérindiennes se mettent à penser que les idées de Falardeau sont de cette partie de notre culture traditionnelle qu'il faut protéger.

* * *

Oh, et en passant, félicitations à Al Gore. Maintenant que son oeuvre d'éducation a porté fruit, tout le monde a bien hâte de le voir prendre un bateau à voiles pour aller chercher son prix en Norvège.


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05 octobre 2007

Les aventures de Jésus en Alabama

Je fais face, comme qu'ils diraient, à un marché de l'emploi fortement marqué par son caractère horizontal. Non, je ne cherche pas une job plate. Ça veut simplement dire que dans mon domaine, il y a à travers le monde une dizaine de jobs disponibles à chaque année, et une douzaine de personnes qualifiées pour y postuler. OK, j'exagère un peu, mais le principe reste le même: on ne cherche pas un emploi dans la ville où l'on vit, on cherche l'emploi en sachant qu'elle nous demandera de déménager. Et compte tenu du financement universitaire au Québec (ou plutôt de son absence), j'ai l'honneur d'un gros coup de pied dans le cul: "Dehors, l'Ambassadeur, pas de job pour toi au pays des Hérouxvillains". Ça me donne le goût de revenir, tiens.

La situation n'a pas que des inconvénients. Elle me donne la chance d'envisager ma vie dans des endroits d'un exotisme tel que je réalise seulement aujourd'hui qu'ils existent vraiment. Et à chaque fois que je rencontre quelqu'un qui vient d'un tel endroit, j'en profite pour accumuler une masse d'informations pratiques et d'anecdotes croustillantes pour m'y préparer psychologiquement.

Samedi dernier, donc, je rencontre une étudiante en chimie qui a tout avantage à demeurer anonyme -surtout qu'elle vient de l'Alabama. Appelons-la Dixie. Parle-moi, Dixie, du pays de celui qui t'a faite.

Dixie, en fin de compte, ne semble pas super impressionnée par le pays de celui qui l'a faite. Je dirait même plus, elle les trouve un peu twits, les gens avec qui elle a grandi. Et c'est ainsi qu'elle me raconte cette croustillante anecdote.

C'était un jour d'école il y a quelques années, quoi que certaines réformes légales suggèrent que les choses ne changent pas vite dans le Sud Profond. Dixie se dirigeait gaiement vers le cours de français de Madame O'Hara (nom fictif). Mais à son arrivée à l'école elle trouva Madame O'Hara (nom fictif) au bord des larmes. "Quoi, uh, happen", demanda Dixie, dont le français n'était pas la matière forte, "que vous être pleurer?". Et Madame O'Hara (nom fictif) lui expliqua ce qui l'avait catapultée dans un état de choc.

Madame O'Hara (nom fictif) expliqua en reniflant un peu qu'elle sortait tout juste d'une conversation téléphonique avec la mère d'un de ses élèves, lequel avait été absent de son cours de français depuis quelques semaines. Et la mère du bambin ne s'en n'excusait pas. Que non. Elle avait même l'argument ultime pour justifier l'absence de son fils. Le punch final s'en vient, j'en profite pour vous rappeler que j'ai changé les noms, mais que l'anecdote est rigoureusement authentique.

"Mon fils n'a pas besoin d'apprendre le français. Jésus n'a jamais appris le français, il avait assez de l'anglais pour être notre Seigneur et Sauveur."


"...", dites-vous.

"Ouch", que vous rajoutez.

Et tout à coup vous vient l'envie de donner généreusement à la SPCA pour me sauver de l'horrible sort d'une carrière d'enseignement en Alabama. J'apprécie, m'enfin, j'ai quand même un peu peur qu'ils m'euthanasient à la hâte.

Évidemment, on peut prendre l'anecdote comme un moment typique du "processus d'identification d'une gang d'ostie de niaiseux", tel que défini par le philosophe québécois Peter Macleod. Je concède, et j'ajoute qu'on y prend plaisir (pour ceux qui seraient confus, la langue maternelle de Jésus était en réalité l'espagnol, mais l'Évangile apocryphe de Thomas raconte qu'après deux ou trois bières il se mettait à baragouiner le yiddish --le nouveau roman de Dan Brown porte là-dessus. Salivez).

N'empêche que la possibilité même qu'on puisse être convaincu que Jésus ne parlait qu'anglais en dit long non seulement sur l'existence de l'ignorance, mais aussi sur sa manière de réorganiser les informations que l'on possède quand même. Sans vouloir trop mélanger Thomas Kuhn et les ti-counes (si vous ne savez pas de quoi je parle, ha ha, osties de niaiseux!), il reste que nous avons tous tendance à organiser nos connaissances de façon à minimiser l'importance de la partie de l'histoire qu'on ignore, de faire des liens entre les trucs que nous considérons comme des faits pour maximiser la cohérence interne de notre vision du monde. Jamais entendu parler de l'araméen, mais je lis la Bible en anglais à tous les jours (je joue le rôle de la bonnefemme d'Alabama, là, je précise pour éviter que mon anticatholique de père se mette à capoter), donc Jésus devait parler anglais.

Et ce genre de constatation-là, il est utile de se demander comment elle s'applique à nous-mêmes. Rares sont les gens qui savent absolument tout (en fait, certains disent qu'ils n'existent pas mais je peux vous dire qu'il y en a exactement deux --je le sais parce que je suis l'un d'entre eux). Nous avons, m'enfin, vous avez tous certaines zones d'ignorance, et si il est facile de vivre sans se préoccuper de certaines d'entre elles (record de durée passée sans mentionner le nombre de poils sur un écureuil: 122 ans, 5 mois et 14 jours), d'autres ont une portée un peu plus sérieuse (existe-t-il un Dieu vengeur qui vous punira pour ce que vous étiez en train de faire avant-hier soir à 21h34 devant la télévision?). Et pourtant, que l'on sache ou non, on vit avec. Ce qui est intéressant, dans cette histoire, c'est précisément le mécanisme qui nous permet de "vivre avec", la forme de l'ignorance bien plus que sa simple existence.

Dans un sens, on a beaucoup à apprendre des ignorants. Malheureusement, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous. L'autre personne qui sait tout, eh ben, c'est André Drouin, intellectuel pénétrant et conseiller municipal d'Hérouxville.

* * *

André Boisclair hésite à revenir siéger comme simple député, et ça explique bien des choses à propos de son revers électoral. Le problème n'en était peut-être pas un de communication avec le public, mais bien de compétence pour le poste.

OK, je me cache derrière un pseudonyme, moi, mais je ne prétend pas mener un pays à son indépendance. Et je frémis rien qu'à imaginer les conséquences épouvantables d'élire comme premier ministre un individu tellement irresponsable qu'il préfère ne pas honorer un engagement de quatre ans envers ses électeurs (c'est pas une vie entière, ciboire!) pour éviter d'avoir à se retrouver devant des journalistes.

Oh, et au cas où vous y verriez un lien quelconque, l'Alabama a augmenté son support pour George W. Bush entre les présidentielles de 2000 et 2004. A wheel in the ditch, a wheel on the track, comme disait l'autre.


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